Egerton Réunit l’Élite de la Cybersécurité pour le Premier Défi “Abidjan Cyber Shield”

Le paysage numérique de l’Afrique de l’Ouest, en pleine expansion, est le théâtre d’une course silencieuse. D’un côté, une adoption fulgurante des services financiers mobiles et de l’administration numérique ; de l’autre, une professionnalisation croissante des cybermenaces. La cybersécurité n’est plus une option technique, c’est un impératif stratégique pour la souveraineté nationale. C’est dans ce contexte tendu que l’Université d’Egerton, via son Pôle d’Excellence en Informatique et IA, a pris l’initiative d’organiser le premier “Abidjan Cyber Shield” (ACS 2025).

Cet événement, qui s’est tenu au cœur de notre campus E 95, n’était pas une simple conférence académique. Il s’agissait d’un exercice de “live-fire” (simulation en conditions réelles) de 48 heures, une compétition de type “Capture The Flag” (CTF) d’une ampleur inédite à Abidjan. Nous avons accueilli huit équipes d’élite issues des meilleures institutions universitaires du Sénégal (notamment l’École Supérieure Polytechnique de Dakar), du Ghana, du Nigeria et, bien sûr, deux équipes de l’Université d’Egerton.

L’objectif, tel que défini par la Professeure Mariame Touré, Directrice de notre Pôle CS/IA et experte reconnue en cyber-défense, était double. “Premièrement, nous devons tester nos propres étudiants dans des conditions de stress maximal. Deuxièmement, nous devons commencer à bâtir un réseau de confiance panafricain. Les menaces ignorent les frontières ; notre défense doit en faire autant.”

Le scénario de l’ACS 2025, conçu dans le plus grand secret par les chercheurs de notre Abidjan AI Hub (AAIH), était d’un réalisme saisissant. Les équipes n’étaient pas confrontées à des défis de hacking génériques. Elles étaient plongées dans la gestion d’une crise simulée : une attaque sophistiquée (de type APT) visant l’infrastructure d’une plateforme d’interopérabilité de “Mobile Money” fictive. L’attaque combinait une exfiltration de données clients, une tentative de fraude par “SIM Swap”, et l’introduction d’un rançongiciel.

L’AAIH a été transformé en “War Room” (salle de crise). Les équipes devaient alterner entre phases défensives (Analyse Forensique, Patching de failles) et offensives (identification et infiltration de l’infrastructure de l’attaquant).

Le déroulement de la compétition a offert son lot de surprises. L’équipe d’Egerton “Alpha”, favorite locale, a pris une avance rapide en identifiant le vecteur d’infection initial (un spear-phishing). Cependant, elle s’est heurtée à une difficulté inattendue lors de l’analyse forensique de la mémoire vive des serveurs, un domaine où l’équipe de l’Université de Lagos a fait preuve d’une maîtrise technique impressionnante, prenant la tête au milieu de la nuit. C’est finalement l’équipe de Dakar qui l’a emporté, grâce à sa méthodologie méticuleuse pour décompiler le rançongiciel et extraire la clé de déchiffrement, une victoire saluée par tous les participants.

Mais le succès de l’Université d’Egerton ne réside pas dans le classement final. Il réside dans la démonstration de notre modèle pédagogique. En parallèle de l’événement principal, notre Lycée International (cycle K-12) organisait le “Junior Shield”. Des élèves de Seconde et Première, mentorés par les étudiants en MSc Cybersécurité, ont été initiés aux bases de l’hygiène numérique et de la cryptographie simple.

Cet événement a prouvé qu’Abidjan a la capacité et l’expertise pour devenir un centre névralgique de la cyber-défense régionale. Le “Abidjan Cyber Shield” n’était pas une fin en soi ; c’était le début d’une conversation essentielle sur notre résilience collective.


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