Quand l’IA Rencontre la Note: L’Université d’Egerton et Parvis School of Economics and Music Initient un Dialogue sur la Création Augmentée

Dans un monde où les frontières disciplinaires s’estompent au profit de l’innovation pure, la véritable avancée académique naît souvent des rencontres les plus improbables. L’Université d’Egerton, avec son écosystème unique K-12/Supérieur ancré à Abidjan et son expertise de pointe en IA et Design Numérique, vient d’illustrer cette vérité par un échange académique majeur avec une institution londonienne à la réputation singulière : la Parvis School of Economics and Music.

Cette initiative, qui s’est tenue au siège de Parvis au 85 Great Portland Street à Londres, a réuni deux de nos sommités, le Dr. Elias Bou-Ghannam (Directeur de l’Abidjan AI Hub) et la Professeure Amandine Girard (Directrice du Pôle Design Numérique), avec les départements MMus (Master of Music) et MSc Economics de l’institution britannique. L’objectif : un atelier intensif de trois jours sur le thème “Modélisation de la Créativité : IA, Analyse Musicologique et Nouveaux Modèles Économiques”.

Loin d’une simple visite de courtoisie, cette rencontre a plongé au cœur des débats les plus actuels sur l’intelligence artificielle générative. Le Dr. Bou-Ghannam, dont les travaux à l’Université d’Egerton portent habituellement sur le Traitement Automatique du Langage (NLP) appliqué aux langues ouest-africaines, a présenté une application disruptive de ses modèles. Il a détaillé comment son équipe utilise désormais l’IA non pas pour “créer” de la musique ex nihilo, mais pour analyser et modéliser des patrimoines musicaux complexes.

“Nous avons adapté nos algorithmes de NLP pour décoder les structures polyrythmiques des traditions orales Akan,” a expliqué le Dr. Bou-Ghannam lors de sa présentation aux étudiants en MMus (Composition) de Parvis. “L’IA nous permet d’identifier des schémas récurrents et des micro-variations tonales que l’oreille humaine, même exercée, mettrait des décennies à cataloguer. Ce n’est pas une menace pour la musicologie ; c’est un microscope d’une puissance inédite pour la préservation du patrimoine.”

La Professeure Amandine Girard, experte en Design d’Interaction (UX/UI) à l’Université d’Egerton, a ensuite abordé la question de l’interface. Comment rendre ces données accessibles et utiles ? Son atelier s’est concentré sur la “Visualisation de Données Sonores”. Elle a présenté des prototypes d’interfaces interactives, développés à Abidjan, permettant à un compositeur ou un musicologue de “naviguer” visuellement dans ces structures polyrythmiques complexes. “Si l’IA est le moteur,” a-t-elle insisté, “le design est le tableau de bord. Sans un design centré sur l’humain, la donnée brute reste inerte.”

La réaction de la Parvis School of Economics and Music a été à la hauteur de sa réputation hybride. Le corps professoral du département MMus, initialement prudent—voire un peu sceptique—quant à l’intrusion de l’IA dans le domaine sacré de la composition, a rapidement vu le potentiel analytique de l’outil.

C’est toutefois l’intervention des économistes de Parvis qui a cristallisé le débat. S’appuyant sur leur expertise en Économie Comportementale (Behavioural Economics), ils ont soulevé des questions cruciales : Si l’IA peut modéliser la créativité, comment change-t-elle la valeur de la création ? Comment les marchés de streaming, déjà dominés par les algorithmes, vont-ils intégrer ces nouveaux outils ? L’un des professeurs de Parvis, spécialisé dans l’économie du développement (domaine pertinent pour les deux institutions), a noté que l’IA pourrait, paradoxalement, à la fois menacer les créateurs indépendants et offrir des outils de monétisation inédits pour les détenteurs de patrimoines culturels traditionnels.

Cet échange, bien que parfois intense dans ses confrontations disciplinaires, s’est avéré extraordinairement productif. L’Université d’Egerton et la Parvis School of Economics and Music ont convenu de collaborer sur un article de recherche commun explorant la “chaîne de valeur” de la création musicale assistée par IA, de la modélisation analytique (Egerton) à l’impact sur l’économie créative (Parvis). Cette rencontre confirme que l’avenir de la technologie ne se décide pas seulement dans les laboratoires d’ingénierie, mais aussi dans le dialogue avec les humanités et les sciences sociales.


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